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Chers compatriotes!

 Avant tout propos, et comme le veut la tradition en cette période calendaire, permettez-moi  de vous formuler nos vœux  les plus chaleureux de santé, da paix et de prospérité pour l’année 2026. Que l’Eternel, dans sa divine miséricorde, vous accompagne tout au long de cette année et vous couvre  de toutes ses grâces.

Chers compatriotes!

A l’instar de la Communauté internationale, notre pays commémore le 28 janvier  de chaque année la Journée internationale de la protection des données personnelles et de la vie privée.

Cette journée, dénommée « Data Privacy Day » par le Conseil de l’Europe, correspond à l’anniversaire de la Convention 108 instrument juridique de référence depuis 1981 pour la protection des données, en Europe et au-delà. Cette date occupe désormais une place de choix dans l’agenda régalien des autorités de régulation à travers le monde.

À ce titre, cette journée offre une opportunité qui s’inscrit dans la poursuite de nos missions pédagogiques d’information et de sensibilisation, à l’endroit des personnes morales et physiques, sur les enjeux et défis cruciaux liés à de la protection des données personnelles et de la vie privée.

Pour cette année, le Gabon célèbre la 20ème journée internationale de la protection des données personnelles, dans sa 6ème édition nationale, sous le thème : « Économie numérique et Protection des données personnelles au Gabon : Enjeux et Perspectives ».

Le choix de ce thème est éminemment stratégique, dans la mesure où il place au cœur du débat la protection des personnes physiques face aux risques liés à l’environnement numérique. À cet égard, la sécurité des données personnelles apparaît comme un prérequis, privacy by design, non négociable au développement durable et inclusif de l’économie.

En effet, l’économie numérique désigne l’ensemble des activités économiques fondées sur l’utilisation des technologies numériques, en particulier l’internet, les données, les plateformes digitales et les TIC (technologies de l’information et de la communication). Elle transforme profondément la manière de produire, d’échanger, de consommer et de créer de la valeur, aussi bien pour les entreprises que pour les États et les citoyens.

Quant à la donnée à caractère personnel, elle se définit comme toute information susceptible d’identifier une personne physique directement ou indirectement se rapportant, dans le cas d’espèce, à la notion d’identité numérique qui renvoie à l’ensemble des informations et des traces laissées par une personne, une organisation ou un objet dans l’espace numérique.

Dans cette perspective, l’économie numérique s’impose aujourd’hui comme un vecteur majeur de transformation. Elle favorise l’innovation, améliore l’efficacité des services publics, stimule la croissance, constitue un levier essentiel de bonne gouvernance et ouvre de nouvelles perspectives de développement.

Au demeurant, l’homme est au cœur de tout dispositif numérique grâce aux données qu’il produit aussi bien économiques, financières, sociales, culturelles qu’environnementales.

Toutefois, l’utilisation des données ainsi produites, lorsqu’elles sont insuffisamment encadrées, peuvent exposer tout consommateur à des risques significatifs tels que :

  • l’atteinte à la vie privée ;
  • l’usurpation d’identité ;
  • la cybercriminalité ;
  • la surveillance excessive ;
  • la perte de confiance de l’utilisateur ;
  • le vol et la fuite des données transfrontalières.

Chers compatriotes!

L’économie numérique et la protection des données sont aujourd’hui étroitement liées : les données sont au cœur de la création des valeurs, mais leur exploitation pose des enjeux majeurs de droit et de confiance.

La conciliation repose essentiellement sur :

  • le respect des principes clés de protection des données personnelles (la licéité, la transparence, la finalité poursuivie, la durée de conservation, le lieu de stockage, etc)
  • des solutions techniques régies par un cadre juridique ;
  • une approche commune (privacy by design, l’IA responsable, la gouvernance des données).

Ces enjeux permettent de concilier économie numérique et protection des données personnelles.

C’est pourquoi, guidé par cet impératif d’équilibre, le législateur a arrimé en 2023, la loi 025/2023 du 12 juillet 2023 portant protection des données personnelles et de la vie privée aux standards internationaux, en prenant en compte les innovations technologiques, l’élargissement des catégories des données, ainsi que le renforcement de la protection des droits des personnes, notamment ceux des enfants en ligne.

De cette loi, découle les missions de l’Autorité d’informer, de définir les règles juridiques en la matière et de veiller au respect du droit à la protection des données personnelles et de la vie privée.

Dans ce cadre, le bilan de l’année 2025 est globalement positif car notre stratégie de communication a permis d’enregistrer :

  • 178 déclarations de conformité des opérateurs économiques ;
  • 16 délibérations, portant sur les projets de textes gouvernementaux dans le cadre des demandes d’avis motivés.

A ce sujet, cette démarche traduit la volonté clairement affirmée du Gouvernement de promouvoir une économie numérique responsable, fondée sur la sécurité, la transparence, la lutte contre la corruption et la confiance des citoyens ;

  • une quinzaine de saisines au titre des plaintes, dénonciations et pétitions émanant des citoyens, des syndicats et des associations ;
  • 12 sanctions administratives et pécuniaires à l’encontre des Responsables de traitement ne respectant pas la loi.

De même, consciente de la dimension des flux des données transfrontalières, l’APDPVP s’est résolument inscrite dans une logique d’alignement sur les standards internationaux et de coopération multilatérale, matérialisée par sa participation active, comme membre de droit, aux travaux des organismes faitiers tels que :

  1. le Réseau Africain des Autorités de Protection des Données Personnelles (RAAPDP) ;
  2. l’Association Francophone des Autorités de Protection des Données Personnelles (AFAPDP) ;
  3. l’Assemblée Mondiale de la Protection des Données et de la Vie Privée (GPA),
  4. Et, à titre exceptionnel, aux travaux du Comité consultatif de la Convention 108, du Conseil de l’Europe.

Ce rayonnement international a été couronné par la récente élection du Gabon à la Vice-Présidence de l’Association des Autorités de Protection des Données Personnelles des pays ayant en partage l’usage du français.

Je tiens également à signaliser la mise en place, avec de l’APDPVP comme Membre fondateur, du Réseau Islamique des Autorités de Protection des Données Personnelles des pays Membres de l’OCI (Organisation  de la Coopération Islamique).

Cette dynamique nous ouvre, pour l’année 2026, des perspectives ambitieuses, principalement dans le cadre :

  1. du renforcement de notre corpus juridique en arrimant aux standards internationaux nos lois et normes, notamment dans les domaines de la santé et de l’éducation ;
  2. du raffermissement de la coopération bilatérale et multilatérale;
  3. de l’acquisition d’un laboratoire informatique de veille, outil indispensable pour surveiller les technologies de pointe et agir efficacement auprès des géants du numérique en cas de violation de la vie privée de nos compatriotes;
  4. du lancement d’une la bellisation pour renforcer la confiance des citoyens envers les services numériques.

Chers compatriotes!

Le Gabon s’est engagé, via le Programme National de Croissance et de Développement (PNCD), à faire de la digitalisation un levier essentiel de sa transformation économique piloté par le Ministère de l’Economie Numérique, de l’Innovation et de la digitalisation à travers le projet « Gabon Digital ».

Dans ce contexte, la protection des données ne saurait être perçue comme une contrainte : c’est le socle de la souveraineté numérique et de la confiance durable.

L’Autorité veillera à ce que chaque projet public soit juridiquement sécurisé et respectueux des données personnelles et de la vie privée de nos concitoyens.

C’est ensemble, pouvoirs publics, secteur privé, société civile, partenaires internationaux et citoyens, que nous devons bâtir un écosystème numérique sûr, responsable, conforme et respectueux des droits de la personne concernée à savoir : le droit à l’information, d’accès, de rectification, d’opposition, de portabilité et d’effacement.

Chers compatriotes!

D’ores et déjà, je vous convie à nous rejoindre lors des manifestations prévues pour cette journée, le 28 janvier 2026  à partir de 09h00 à l’Auditorium de l’Immeuble abritant les Services de l’Agence Nationale des Infrastructures Numériques et des Fréquences (ANINF).

Je vous remercie de votre  aimable attention.



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